Adorée ainsi qu'une sainte,
Baisée autant qu'une maîtresse,
Je suis la fidèle traîtresse,
Le poison, le baume, -l'absinthe.
Je suis l'île toujours ouverte
Au rêveur naufragé qui souffre,
Un ciel de flammes et de soufre,
L'intarissable muse verte
Close au cristal de mes rivages,
Je suis une mer d'émeraude
Où toujours la tempête rôde,
Mais dissimule ses ravages.
Je suis le sourd hamac qui berce
Les douleurs d'amoureux mensonge,
Je suis l'oubli, je suis le songe,
Le désert sans fin qu'on traverse,
La roue invisible et dentée
Qui doucement saisit et broie,
Le sphinx qui se fait une proie
De ce qui passe à sa portée.
Il est mien celui qui me goûte.
Grisé par ma senteur perverse,
Regarde ce peuple qui verse,
En tremblotant, l'eau goutte à goutte
Sans voir - esclave de mes charmes,
Et fidèle jusqu'à la tombe -
Que chaque goutte d'eau qui tombe.
.Baisée autant qu'une maîtresse,
Je suis la fidèle traîtresse,
Le poison, le baume, -l'absinthe.
Je suis l'île toujours ouverte
Au rêveur naufragé qui souffre,
Un ciel de flammes et de soufre,
L'intarissable muse verte
Close au cristal de mes rivages,
Je suis une mer d'émeraude
Où toujours la tempête rôde,
Mais dissimule ses ravages.
Je suis le sourd hamac qui berce
Les douleurs d'amoureux mensonge,
Je suis l'oubli, je suis le songe,
Le désert sans fin qu'on traverse,
La roue invisible et dentée
Qui doucement saisit et broie,
Le sphinx qui se fait une proie
De ce qui passe à sa portée.
Il est mien celui qui me goûte.
Grisé par ma senteur perverse,
Regarde ce peuple qui verse,
En tremblotant, l'eau goutte à goutte
Sans voir - esclave de mes charmes,
Et fidèle jusqu'à la tombe -
Que chaque goutte d'eau qui tombe.
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